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Le Canard enchaîné du 22 avril prévient et constate

3 minutes de lecture

La cari­ca­ture est conton­dante comme une mas­sue, n’est-ce pas ?

Le Canard, comme d’ha­bi­tude, a un bec qui creuse, qui creuse ! Voilà qu’entre autres spé­cia­listes, notre cheffe de ser­vice est inter­ro­gée par l’heb­do, Isabelle Montet pour dévoi­ler son iden­ti­té, qui fait par­ti d’un syn­di­cat de psy­chiatre et le revan­dique. On y découvre (et pour­quoi n’en fait-elle pas plus état auprès des patients ? c’est une simple ques­tion) l’é­non­cia­tion claire du pro­blème que ren­contre la psy­chia­trie actuel­le­ment au temps du Covid-19, avec d’autres voix très jus­te­ment outrées, sur les condi­tions des délais de la chaîne de déci­sions et sur leur retard.

Je l’ai peut être, par frus­tra­tion, dans un pré­cé­dent article, légè­re­ment écor­chée ma psy­chiatre. Je salis puis salue ? Ce peut-être le simple résul­tat d’un trop plein d’in­ter­ne­ment (un an bien­tôt, spé­cia­le­ment en psy, mais ailleurs en méde­cine géné­rale AVANT).

Nous vous la pré­sen­tons sous un meilleur jour, espérons.

L’univers de la psy­chia­trie est prêt au chan­ge­ment. Qu’en est-il des moyens ?

Il n’y a qu’aux gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs qu’il faut s’at­ta­quer, et les tri­tu­rer par la question.

Au moins, mes­sieurs, mes­dames du minis­tère de la Santé, où vont les sous de la méde­cine ? Où est la sym­biose et le plan natio­nal que méri­te­rait cette spé­cia­li­té du hors-champs de la socié­té et de la mise en tra­vail de la rési­lience ? Que font les infir­miers de l’âme quand ils n’ont rien ?

Nous repro­dui­sons l’ar­ticle tel quel. Si ayants-droit ayant vue sur la mon­naie des droits y voient un scan­dale, qu’ils se manifestent. 😉

Stanislas Dejoie

« Traitement de choc en psychiatrie

ALORS que débute le deuxième mois de confi­ne­ment, la ten­sion monte dans les hôpi­taux psy­chia­triques, grands oubliés de la crise sani­taire. « Isoler les malades dans leurs chambres, sup­pri­mer les visites, les per­mis­sions, les sor­ties, ça tient quinze jours, pas deux mois, estime Jocelyne Gout, infir­mière C.G.T. à l’hô­pi­tal de Cadillac (Gironde). Avec des masques et du per­sonnel, on pour­rait faire des prises en charge indi­vi­duelles, rem­placer les ate­liers de groupe par des binômes. Là, on fait de l’asilaire. »

Grands oubliés


    Comme par­tout, l’a­ma­teur­risme est de mise : réuti­li­sa­tion des masques après séchage — selon une note de la direc­tion de l’hô­pi­tal du Rouvray, à Rouen —, « ate­lier sur­blouse » avec des sacs-pou­belle à Ville Evrard (Seine-Saint-Denis), ges­tion du stress des soi­gnants par des séances de médi­ta­tion de pleine conscience à Cadillac…

Coup de bol : mal­gré ces mesures-chocs, le nombre de cas de Covid n’a pas explo­sé. Au Vinatier (Rhône), par exemple, le plus gros hôpi­tal psy de France, on ne compte que 9 patients « covi­dés » pour 700 lits. Des remon­tées locales ras­su­rantes, même si « on n’a pas encore de chiffres natio­naux », recon­naît un membre de la « cel­lule de crise psy­chia­trie », mise en place au minis­tère de la Santé. « C’est à l’i­mage des autres retards à l’al­lu­mage, gronde un pra­ti­cien. Il a fal­lu attendre le 22 mars pour que le minis­tère se fende de recom­man­da­tions dédiées à la psy­chia­trie. » Parmi les­dites consignes : créer des uni­tés Covid, ce que les hos­tos avaient heu­reu­se­ment com­men­cé à faire.

    Seul hic : des patients ont dû sor­tir plus tôt que pré­vu pour qu’on puisse trans­for­mer des chambres doubles en chambres simples. « On com­mence à en per­ce­voir l’ef­fet boo­me­rang : des patients qui étaient sor­tis reviennent », relève Isabelle Montet, du Syndicat des psy­chiatres des hôpi­taux.

Au Vinatier, on va encore plus loin : après avoir fait sor­tir 86 patients, mi-mars, pour créer deux uni­tés Covid, la direc­tion a exi­gé, le 10 avril, la fer­me­ture d’une uni­té sup­plé­men­taire de 22 lits. Refus des tou­bibs, qui sont tom­bés de l’ar­moire. « Ces malades ne sont pas du tout prêts à ren­trer chez eux, il y a un vrai risque sui­ci­daire », s’in­surge un soignant.

Fermez les lits


Dans un cour­rier interne consul­té par « Le Canard », le direc­teur invoque la néces­si­té de « pré­ve­nir les consé­quences de l’ab­sen­téisme » lié au Covid.
« C’est une blague ! dénonce Géraldine Museo, repré­sen­tante F.O. Sur 2000 sala­riés, on a eu 14 soi­gnants atteints du coro­na­vi­rus. En réa­li­té, la direc­tion pro­fite de l’é­pi­dé mie pour fer­mer des lits qui ne rou­vri­ront pas. » Elle annonce même la fer­me­ture, au 1er juin, d’une autre uni­té de 24 lits en gérontopsychiatrie !

    Pendant ce temps, dans les centres médi­co-psy­cho­giques, la plu­part des patients ne sont plus reçus mais sui­vis par télé­phone. « On voit les limites, des malades com­mencent à décom­pen­ser », constate Isabelle Montet. Le moment idéal pour fer mer des lits… »

I. B. [mfn]Initiales d’Isabelle Barré, jour­na­liste ayant quit­té le Point pour notre pal­mi­pède en papier.[/mfn]

Stan Printer

Poète et essayiste amateur. Féru de technologies, de toutes créations artistiques. Connait la psychiatrie comme patient borderline depuis 24 ans. Souhaitant ici apaiser le dialogue entre toutes parties de la psy moderne et faire rencontrer des mondes qui s'affrontent ou s'ignorent. Prêt à dénoncer toute injustice subie par les malades psychiques quel que soit leur mode de prise en charge. Amoureux du genre humain.

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