Colère ? Même pas. 1
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Colère ? Même pas.5 minutes de lecture

N.B. :

Mise à jour 4
Bonjour, j’ai appris ce matin que nos unités, préalablement envisagées comme futures unités psy-Covid-19, ne seront pas concernée. Une autre unité est concernée et c’est dans celle-ci que les porteurs seront pris en charge ; c’est aussi là-bas que Mme Montet a été assignée comme psychiatre au sein d’une structure de crise improvisée. Je l’apprends justement d’une autre psychiatre que cette dernière, ma psychiatre référente, bien mieux lunée, qui semble être dans la bonne humeur et la bienveillance. Je fais toujours partie, comme la plupart des patients, de celles et ceux qui attendent une place en clinique, les refus s’avérant nombreux pour l’instant. Je souffre d’une escarre placée vers l’isquion gauche vieille de 11 mois compliquée par une ostéite qui devait être traitée chirurgicalement, chose impossible depuis le confinement. C’est la raison pour laquelle il reste très difficile de trouver une place ailleurs pour moi. Nous serons au moins épargné par le Coronavirus, même si nous avons à Rosa Parks un cas de Covid-19 en quarantaine, traiteé avec soin. Reste à savoir ce qu’on fait de la mise à disposition de l’information qui nous concerne en psychiatrie, et pas seulement…
Ma psychiatre m’a assurée qu’on avait, selon son initiative, fait la demande de pré-admission pour une entrée dans une dizaine de clinique. Encore une erreur de communication au sein même d’une unité de 30 patients… « Que font-ils pendant les transmissions ? », c’est la question que l’on est nombreux à se poser depuis toujours. Toujours plaisant de voir qu’on travaille vraiment à une entente entre collègues et une information du soigné éclairée.

Voir ici les mises à jour de l’actualité Covid-19 de notre service.

Après un saut de quatre étages le 9 novembre 2018, je marche longuement sans fauteuil, ni déambulateur, ni béquilles depuis… aujourd’hui. 30/03/2020.

Colère ? Même pas. Un peu. Fatigue surtout. Contre qui ? Les responsables ? L’État ?! L’État c’est Lui. Amen, mon Dieu. Hors-controle que ce passe-droits éculé. J’ai du respect pour la cause homosexuelle et n’ai donc pas oublié de mettre, de lettre, pardon. Sentiments d’injustices ? Un terme pour les nourrices d’enfants simples, pour les psychiatres à trois sous, pour les journalistes people, les chroniqueurs des changements sociétaux en vogue. « Son procès est reporté. », je ne vois qu’une anecdote pour pilliers de bars. Et je repense au temps de mon alcoolisme guilleret… Whisky-Coca. Pas oublié, ça !


Trop de travail ? épuisement ? Plus jamais, j’en redemande. Je veux être, à ma petite échelle, utile aux vrais sacrifiés, ceux qui se mettent vraiment en colère devant une voiture de métro médusée. Un risque pour la grand-mère qui vit seule à la campagne ? Connaît-on si peu sa chance ? Peut-être ? Celle d’être loin de tout, loin des cons, loin des autoroutes Vinci, loin des caves de cités, loin des aéroports (Vinci).


Non. Non. Non !

Colère ? Même pas. 2
#NoFilter


Notre unité psychiatrique se vide progressivement et personne ne vous dit pourquoi. Vous êtes hospitalisé depuis 9 mois et quelques dans un service où la notion de respect du patient et celle de confort sont condamnées à devenir vos idéaux pour un Hôpital français meilleur et plus digne, et qui a plus de moyens. Lui qui existe déjà mais qui ne vous est pas accessible. Quelle moyenne Mme Buzin ! Parce que fou. Borderline, « bipolaire », « schizophréne », « quelque part sur le spectre autistique ». Vous entendez ? Fous. De pure folie, qu’on lie aux mains, qu’on entortille dans les combles, qu’on noie dans les douves. Par Jupiter, où ai-je la tête ? Enfin, qu’on écrase.


De l’information ? Des feuilles A4 imprimées négligemment, rédigées sans idée ou même conception des attentes et de l’entendement des destinataires, qui occupent les lieux à 30 mètres pourtant… Et BFM TV en boucle. C’est-à-dire tout sauf de l’information. Du divertissement documentaire ? Même pas. Pas même un clip Brut. Pas même une pétition malvenue sur le drame des dromadaires en temps de crise planétaire, alors qu’avec une bosse hydro-alcoolique, on en nettoie des mains, on en sauverait des vies.


Étonnement ? Aucun. Le service où j’habite de fait   depuis 9 mois, avec Marguerite Chossart et deux autres pensionnaires au long cours, va être, en quelques jours, transformé en une unité de soins d’urgences exclusivement (ou presque) occupée par des patients atteints de troubles psychiques et porteurs du Coronavirus Covid-19. Et vous dedans ? « Pas de sortie en clinique de prévue pour vous ». Vous resterez.


Là, chez vous ! sur le lieu même de vos ébats thymiques passés, sur le terrain même qui hante votre site web associatif, là où tous les débats des fondateurs et seuls futurs adhérents, pour l’instant, prennent corps. Là où le « fiel », comme l’a caractérisé Mme Montet, ma psychiatre et chef de cabinet-service, pardon, de C.M.P., d’unité du pôle de psychiatrie Paris-centre, méprisante et d’une humeur abjecte pour les faibles et de connivence avec les forts-en-thème (je sais de quoi je parle, j’ai été les deux), femme intelligente et aimable, a pris de l’élan pour servir aux autres, et un peu à soi aussi. Pour que Justice des fous répare, un chouilla, pour que ces patients insultés par des aides-soignantes hystériques, entre autres attrocités, couchés et délébiles sur les papiers officiels de la cohorte des greffiers avachis sur leur machine et au garde-à-vous devant le juges des libertés, soit enfin faite. Soient enfin libres ?

Colère ? Même pas. 3
#Amis


Justice des Hommes ? Oui. Pour qui ? Probablement pour ceux qui ont déjà tout gagné avant la bataille. Qui sont « très malades », qu’on cloue ou qu’on plaint dans un sursaut d’empathie pour les enfoirés. Les miettes ? Pour les pages. Non, personne n’écris dessus, sinon l’histoire des vaincus, avec bord à padding et lettrine devant, eux : ils portent les lourdeurs des bourgeois sangloteurs. Des pages. Des punaises de cabinets, si l’on accepte la comparaison clinique ou avec un peu l’emportement d’un entomologiste galliard.


Puis la mort. Celle dont personne ne parle. Des amis. Deux en trois semaines. Six en 8 ans. Sept suicidés, un meurtrier tendre, Justice est faite mon Appolon ! Pas de seconde chance. Pas même de première. Et les derniers finissent derniers, toujours…


La mort encore, qui frappe comme une vipère. Avec toute ma tendresse, je t’aurais tordu le cou. Mais tu n’est que cou. Avec un début et une faim. Comme toi Macron. Avec un début et une faim. Comment est-elle ? Ma chère blanquette, elle est belle. Elle gouverne à ta place. C’est beau cette histoire mille fois soulignée à la télé, le pouvoir pour l’homme, le derrière pour la femme. Bon, comme ça à première vue, pas très noble. Mais attendrissant. Et les homosexuelles se tapent la part du lion, et elles ont bien raison. Fichtre. Elle ont bien raison.

Colère ? Même pas. 4


Comment sera ta fin Emmanuel ? Personne n’y assistera, tu te caches partout et te montre cependant. On y verra que du feu, ne t’inquiète pas. Les infirmières et infirmiers ? Tous les soignants confondus ? Intra, extra-hospitaliers ? Les agriculteurs ? Les généralistes débordés, ceux qui font des listes « On ne vous oublie pas. » ? Ceux qui possèdent et dépossèdent ? Ceux qui croient ? Ceux qui crachent sur les tombes, se piquent, se réhydratent à l’eau de Seltz ? Ceux qui se damnent pour un canapé au éclats d’amande, gentillement ? Ceux qui conduisent, utilitaires, vélo Deliveroo, taxi et Ubers ? Ceux qui jouent, ceux qui codent ? Ils n’ont pas besoin de se cacher ! Ils vivent M. Macron. Ils vivent et n’en ont plus rien à foutre de vos élans théatreux.


Ceux qui peste, ceux qui colèra, là sous le col, ceux qu’on intube ? Vos morts Macron. Les nôtres, votre très grande faute. Votre fin ne se verra pas. Vous êtes déjà invisible. « Pas voyable ! » Fini. Comme toutes ces vies courageuses. Je plains tout ministre, tout délégué syndical, tout opposant, tout cœur à prendre qui n’est pas pris. Vous leur mentez encore. Agnès a pleuré.


Et les trans alcoolisées que vous faites semblant d’aimer ? Vous ne pouvez que faire semblant. Ça n’est pas une faute, c’est une nature. Ça n’est pas une fin, c’est une voilure.


Mettez les bouts. De ficelle Monsieur le Président de la République, de ficelle. Et prenez-le, large.


Stanislas Dejoie

Moteur, actions, nerfs… bonjour Manu.

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Autodidacte, poète et essayiste amateur. Féru de technologies, de toutes créations numériques. Connait la psychiatrie comme patient borderline depuis 20 ans. Souhaitant ici apaiser le dialogue entre toutes parties de la psy moderne et faire rencontrer des mondes qui s'affrontent. Prêt à dénoncer toute injuste subie par les malades psychiques quelle que soit leur mode de prise en charge. Amoureux du genre humain. [wp-story]

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