Nos Blouses ?

Nos Blouses et son site nos​blouses​.org seront la forge et l’oriflamme d’une acti­vi­té four­millante au cœur de la psy­chia­trie fran­çaise et de ses enjeux. L’activité de cette Association, dont nous sommes les acou­cheurs avec Marguerite Chossart et Noémie Mariani, se mul­ti­plie­ra sur une mul­ti­tude de débats et de mises en lien.

Aides-soi­gnantes et aides-soi­gnants, infir­mières et infir­miers, cadres de san­té, psy­chiatres, neu­ros-scien­ti­fiques, familles de malades, spé­cia­listes de toutes engeances, volon­taires, déses­pé­rés, soli­taires ou per­sonne à la com­pé­tence psy­chia­trique stu­pé­fiante, public, comme les A.S.H., seront invi­tés à se joindre à nous.

J’en serais le pré­sident, Marguerite Chossart la secré­taire, et Noémie Mariani, la tré­so­rière [1]. Jusque-là, il nous revient de nous atte­ler aux pré­mices de cette aven­ture asso­cia­tive : en rédi­ger les sta­tuts, lui trou­ver une adresse de domi­ci­lia­tion, créer une petite com­mu­nau­té de créa­teurs, ici aux uni­tés Rosa Parks et Averroès, la faire connaître aux psy­chiatres qui nous soignent ici, gar­der nos proches au fait de mes ambi­tions des­ti­nées à amé­lio­rer la vie ici à Saint-Maurice, et tant que ce lien est encore possible.

Il fut un temps où la psy­chia­trie a eu son renou­veau, c’est assez loin­tain main­te­nant, il faut le consen­tir ! Mais avec de vaillants entre­pre­neurs de la souf­france apai­sée, ceux qui pansent, comme Jean Oury et son anti­psy­chia­trie dont le logo cerne notre patio com­mun, notre bout de ver­dure et de soleil, mar­qué au Posca sur nos murs épais ici, et sur les solides colonnes de cet endroit enso­leillé en ce matin de renou­veau pour moi et j’espère pour cha­cun gar­dant ou tom­bant la blouse, pour les familles et les neu­ro-scien­ti­fiques, pour les patients.

Nos blouses sont absentes, nos blouses sont blanches, nos blouses sont mul­ti­co­lores, nos blouses sont névro­tiques, nos blouses sont psy­cho­tiques, nos blouses sont bor­der­line, nos blouses n’ont pas de pays, nos blouses sont hési­tantes, nos blouses sont très expertes.

Noémie, qui est une véri­table pas­sion­née d’his­toire, l’é­tu­diant à la Sorbonne, pour­ra pro­ba­ble­ment nous dire les injonc­tions du pou­voir, de l’his­toire des lieux de pri­va­tion de liber­té, des rap­ports de force entre les dif­fé­rentes classes sociales qui s’af­frontent ou s’al­lient pour le par­tage ou la pré­da­tion du soin de l’être de chair qui sera notre sujet d’é­tude ici, en par­tie insul­té, peut-on dire, par les poli­tiques actuelles met­tant le monde de la san­té en dan­ger, même lors­qu’elle est dédiée à l’es­prit, et sur­tout, car, si vous n’o­siez pas vous l’a­vouer, la psy est le parent pauvre de la méde­cine hospitalière.

Les bor­der­lines que nous sommes, les hyper­sen­sibles qui don­ne­ront vigueur et cadre à notre asso­cia­tion, sont rétifs à l’i­dée de sup­por­ter les injus­tices, ils sont des récifs épi­der­miques endur­cis mais dis­po­sés pour le meilleur à ser­vir et infor­mer par cette pra­tique d’en­traide et de jour­na­lisme militant.

Stanislas Dejoie, pré­sident fon­da­teur à venir.


Travail de Gabrielle Cuq, avec son aimable auto­ri­sa­tion. (Et avec tout plein d’extraits de chefs‑d’œuvre du ciné­ma que l’on ne cré­di­te­ra pas.) Dédié à quelqu’une [M. V., RIP].

Notes[+]