Appel,  Cri,  Émois,  Hospitalisation,  Passion,  Pur sang,  Suicide,  Violence

Pensée I (Lionel)

3 minutes de lecture

Un auteur à ne pas mettre entre toutes les mains ! Ou alors ? Rage, furies, appels au sacri­fice du corps, cisaille­ment brut des veines. Ses dieux sont-ils morts, se demande-t-il ?

Rédigé à la Maison hos­pi­ta­lière de Cergy (Cergy-le-Haut), ce texte nous ras­semble. Lionel y a séjour­né, moi aus­si, mais dix jours seule­ment. Allez savoir quelle sub­stance, des ben­zo­dia­zé­pines, de la qué­tia­pine ou de la cocaïne a pro­vo­qué mon exclu­sion à l’époque…

Un per­son­nage qu’on oublie pas, s’af­fai­rant sur son PC, à grat­ter, grat­ter… là où ça fait mal. Grand défen­seur des incom­pris, des pauvres, des bles­sées, … des licornes noires qu’on che­vau­che­rait dans les rizières ?!

Retrouvez-le, sur son Journal abra­sif, un média com­mu­nau­taire aux cen­taines de voix, pour les fous, les passionnés.

S. D.

Angoisses et Idées noires

JE VOUS AI tant dési­ré, sans angoisses et idées noires, mes douces amies. Pour un flirt, avec vous, j’aurais don­né ma poudre de per­lim­pin­pin aux anges, gar­diens de ma sta­bi­li­té. Ce soir, je veux faire le grand saut, bandes de salops ! Je ne sais même plus à qui vendre mon âme, avec quoi me pendre. Fendre la caro­tide de ce corps fétide et meur­tri pour que le sang coule, coule et saoule mes esprits de gauche à droite et de droite à gauche. Je vous vois ! Je vous subis ! Voici ma récom­pense de trop vous avoir deman­dé et atten­du, mes nobles fées. J’ai mal, arrê­tez tout, j’ai mal, oubliez-moi ! Je suis pour­tant à cent gouttes de vous ! Vous me pour­ris­sez ! Vous me tor­dez de dou­leurs, je deviens fou, j’ai envie de vous, sans tous ces loups autour de moi qui vont me rendre com­plè­te­ment folle ! Je deviens folle, telle une nonne, qui vit son pre­mier orgasme de maux, rouge-sang ! S’il vous plait ! Arrêtez tout, main­te­nant, c’est un ordre ! Je vous l’ordonne expres­sé­ment ! Ou je me tranche lit­té­ra­le­ment ! Vous n’êtes que deux moins que rien et vous ne valez pas plus cher qu’une poule aux œufs de bronze ! Bandes de pre­mières catins dépu­ce­lées par le pre­mier valet puceau de mes songes ! Je vous méprise, je ne vous tolère plus, il faut vrai­ment pen­ser à vous reti­rer de moi, mes très chères catins. Putain, j’ai mal, ne voyez-vous pas ma souf­france ? Ne res­sen­tez-vous pas mon mal-être ? J’ai le tho­rax per­fo­ré par mes angoisses, je me roule par terre d’agonie. J’ai l’esprit noir­ci, obs­cur­ci, ramol­li, pour­ri, meur­tri par vos sbires. Pitié, arrê­tez, arrê­tez, arrê­tez tout !

Maintenant et tout de suite, je veux que tout cela ne soit qu’oubli, je vous demande, par la pré­sente d’en ter­mi­ner avec moi ! Mes dieux ! Mes déesses ? Où êtes-vous ? Qui êtes-vous ? Êtes-vous mort ? Alors, répon­dez ! Me voi­là faire le rou­leau de prin­temps, d’été, d’automne et d’hiver, à terre. Je roule et je m’agite comme un toxi­co­mane qui n’a pas sa dose d’héroïne, si maline, si féline. Je veux ma dose de ben­zo­dia­zé­pines, de qué­tia­pine, de cocaïne, même cou­pée à l’aspirine. Mettez toutes ces sub­stances en poudre, que je les aspire avec mes narines pour ne plus me rele­ver, me réveiller. Mon doux malin, mal hon­nête, faites de moi votre proie prio­ri­taire. Prenez mon âme en échange d’un seul ins­tant, même très court, de répit. Je veux souf­fler ! Espèce rare d’enculé ! com­prends-tu ? Raclure de latrine ! Allez ! Va te faire foutre par Dieu ! Oh ton gode ! Oh ton gode ! Oh ton gode ! Oh ton gode ! Tu m’as tri­gau­dée ! Foutez-moi la paix ! C’est le jour de paye ! Je vais fêter mes dou­leurs avec du sang qui va jaillir de ma caro­tide rigide ! Voulez-vous gou­ter à mon nec­tar ce soir ? Je vous l’offre contre un moment de répit ? Je vous donne même en mariage mes deux plus belles putains de nuit ou de jour. Elles connaissent très bien l’amour ! Je vous le garan­tis sur fac­ture écrite de ma plus belle plume. Humez mon rouge, comme il est bon ce tanin du matin. Contemplez-vous la cou­leur de ce bon­heur offert par mes libérateurs ?

Lionel Belarbi, été 2018.


Hommage de Courtney Love à Kurt Cobain. Clip pro­po­sé par Lionel.

Lionel Belarbi

Tout d’abord, bienvenue à bord de mon bâtiment de guerre, la rubrique des chroniques qui piquent. La température y est tellement haute que je ne peux l’évaluer. Vous êtes invités à me signaler tous délires disproportionnés, même si j’en ferai encore plus face à la critique, car elle m’excite. Je traite et analyse des sujets et thèmes qui me font frémir de délire, j’exerce en toute impunité. Auteur bipolaire à la plume corrosive, poétique, parfois humoristique ou tragique, mais toujours authentique, je me prends toujours au sérieux, ou pas.

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