Journal personnel,  #RestezChezVous,  Hospitalisation,  Pensée,  Témoignage

Pensée II (Margot)

#RestezChezVous, on le lit partout. Si ça n’était pas pour nous un habitus, ce serait drôle, on le vivrait sans mal de vivre. Marguerite Chossart, notre future secrétaire bien-aimée et moi-même avons choisi ensemble ce texte, à l’occasion de notre texte libre hebdomadaire, où l’écriture de pièces d’un journal presque intime fait soudainement témoignage du présent contraint de nos congénères confinés. ‘voyez, c’est pas si tendre tous les jours, et l’on y trouve bien sûr des joies plus épanouies, parce que bien libre, je dirais même plus, libérées, déshabillées de tous complexes. L’enfermement nuit pourtant gravement à la santé depuis des décennies, et ce ne sont pas ces dizaines de milliers de badauds qui impriment sur une feuille A4 leur sortie de S.D.T qui diront le contraire ! « Ça fait du bien de prendre l’air », eh bien laissez-vous caresser la main au vent, il n’y a parfois qu’un vol d’oiseaux furtif, sortis des barreaux, pour vivre en Paix.

Stanislas Dejoie

Être chez soi (la maison)

Où sont les fous ? À l’extérieur ou à l’intérieur ? La folie — sa place —, l’ici et l’ailleurs !


Avoir un chez-soi ? Est-ce un rêve, une utopie, quelque chose d’inaccessible dans cet univers où je suis depuis plus de 5 mois ; un lieu de la folie, un hôpital psychiatrique où chacun est dit aliéné ; c’est-à-dire fou. Moi j’ai toute ma tête et ma lucidité et je n’ai jamais eu aucun antécédent  psychiatrique, ni aucune hospitalisation avant 66 ans ! Ce lieu est pour moi un lieu d’enfermement et je me réveille tous les matins en me demandant ce que je fais ici, alors que je n’ai pas fait le deuil de l’hôtel où j’étais pendant 7 ans et 2 mois, de mes 300 livres, de mes écrits, de mes tableaux, de mes papiers administratifs… de mon passé et de ma chatte Coquine qui était d’une portée de 4 chatons dont la mère, Lili, a été écrasée un matin de janvier 2018 ; ayant mis au monde 9 chatons sous mon lit, qui avaient été volés par l’hôtel, adopter et mis dans un refuge de la S.P.A. Mon expulsion de l’hôtel pour incurie par une association tutelles meurtrière, A.D.I.A.M. Tutelles, est une erreur judiciaire, car j’étais tranquille avec mes symptômes d’anxiété que je connaissais , et je pouvais beaucoup mieux marcher qu’actuellement.


Je rêve d’un chez-moi tranquille avec une douche, un W.C., le confort minimum ; Internet, la télévision et une cuisinière pour pouvoir faire la cuisine, et inviter ma sœur, mes nièces, mes petits neveux, mes amis de poésie. Être libre, sans enfermement, sans privation de ma liberté… Pouvoir manger ce dont j’ai envie, avoir la sécurité d’un toit sur ma tête, tout en pouvant revivre une vie familiale normale ; aller au musée, au restaurant, au cinéma, avoir la gestion de mon propre argent et vivre ma retraite d’une façon heureuse, en essayant de récupérer Coquine de l’hôtel ainsi que quelques affaires.


À 66 ans, je n’ai rien à faire en hôpital psychiatrique, et si je suis là, c’est que je n’ai aucun lieu où aller et que je refuse l’E.H.P.A.D., les maisons de retraite où se trouvent des personnes séniles, l’aide de la D.A.S.E.S. qui prend, lors de votre mort, sur l’argent de votre famille. Je dois faire appel de ma tutelle et avoir un avocat pour montrer que mes droits les plus élémentaires n’ont pas été respectés, avec cette brutalité des ambulanciers, alors que j’écoutais tranquillement la radio. Avoir un chez-moi, un rève qui prend de plus en plus du temps, dans l’attente mélancolique, dans un lieu où vous n’avez pas de place, et où les minutes s’écoulent de façon meurtrière.


Être bien dans sa peau, avoir un chez-soi à 800€ maximum, sa propre pension, une aide ménagère une heure par semaine, continuer à parler, et revoir, votre psychanalyste, vous faire soigner les dents… Vos sentir vous-même, fière de votre NOM et de votre AVENIR. Bientôt, peut-être, avec la force et l’énergie de ma personnalité.

Mag, le 13/12/2019.


Video Thumbnail#RestezChezVous, on le lit partout. Si ça n'était pas pour nous un habitus, ce serait drôle, on le vivrait sans mal de vivre. Marguerite Chossart, notre future secrétaire bien-aimée et moi-même avons choisi ensemble ce texte, à l'occasion de notre texte libre hebdomadaire, où l'écriture de pièces d'
Partager
  • 13
    Shares
Marguerite-Marie Chossart

Militante féministe et L.G.B.T., luttant contre tout racisme, contre tout antisémitisme et contre l'homophobie. Ancienne agent de la fonction public, conseillère Pôle Emploi durant 28 ans. Très engagée pour le combat social et la défense du handicap.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *