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Pensée II (Stan)

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Deuxième pen­sée ou brève heb­do­ma­daire pre­nant l’as­pect d’un vieux poème écrit dans la défaite alcoo­li­sée d’un jar­din plaisancier.

Stanislas

Palais Royal (Musée du Louvre) : c’est un matin où l’on s’as­soit sur des fau­teuils d’a­près-midi. Entrevoir les yeux affai­rés, lorsque l’i­vresse vous fait fer­mer les iris bleus d’une afflic­tion, pour ce que vous savez ava­ler, pau­pière en ruines après le Sky, vague réci­pient sue dans la poche… fer­més, gri­sés comme un rideau, spec­tacle de trot­toir mouillé, et ces pau­pières amu­sées — toutes ces armoires qui rient de vous ! Vous avez la bou­teille à l’ar­rière. Sauvée la peau lisse du regard ! Voir un fagot de bouches pres­sées, ou bien­heu­reuses de se lever, après ce soir. C’est amusant.

L’espoir des autres ne vous sauve, de quelque nau­frage assu­ré, comme une ren­gaine, tant que de vous ni que du soin, vous ne dites rien qui n’ait de noir. Rien ne va plus, il nous faut lar­guer les amarres : je vous le dit, d’où sont les ports qui me détournent. Ce sont deux mâts, deux jambes, deux pieds. Déséquilibrés en mère-dune ! Je vous le dit, les sables : au sec sur la lune, où est la femme de ma jetée, qui fait tour­ner les mar­rées basses. Je reçois comme des mor­ceaux d’elle, chaque fois que je croque la mélasse, comme le goû­ter d’un petit astre où l’on mord les pous­sières d’été.

Rien ne vous importe plus que dor­mir, dans une de ces cales pro­mises par une cohorte d’in­fir­mières, au matin venant dépeu­plées, tout autant d’é­toffe que de bure, comme hommes en armes — mil­liers de charmes ! —, qui vous trans­portent tel ce damier dont se joue­raient toutes autres femmes, même timides, alcoo­li­sées, sur des ter­rasses déco­rées de pions d’é­checs et de Reines noires.

L’envie d’i­vresse : tout un chan­tier, comme ma ville. Rien n’y gagne et rien n’est per­du, sinon le souffle quand vous mar­chez. C’est au matin clair qu’il pleu­vra toutes les bombes, l’au­tomne est à nous : le voi­ci. Que tout explose ! Ne blâ­mez pas et dites mer­ci, pour les nuages qui tombent sur vous.

C’est l’eau des mon­tagnes qui assoit, dans les plus petites alcôves, les pari­siens : météo à por­tée de main ne vous sau­ve­ra pas de l’ins­tant, où, de loin, les mous­sons des airs du Gulf stream vous équipent des plus épais feutres et des soies grises, comme si le ciel entier pen­chait — et vous avec — en tour de Pise. Ne trem­blez pas, tout est pen­sé. Il suf­fi­ra de se ris­quer, « À l’abordage ! »

L’ennui plu­vieux : éter­ni­té auprès des âges.
Pour les enfants : ne pas déglu­tir les ombrages.


Désespoir d’une chambre mal rangée. 😒 🙂
Stan Printer

Poète et essayiste amateur. Féru de technologies, de toutes créations artistiques. Connait la psychiatrie comme patient borderline depuis 24 ans. Souhaitant ici apaiser le dialogue entre toutes parties de la psy moderne et faire rencontrer des mondes qui s'affrontent ou s'ignorent. Prêt à dénoncer toute injustice subie par les malades psychiques quel que soit leur mode de prise en charge. Amoureux du genre humain.

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