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Pensée III (Stan)

Cette pensée de la semaine est le fruit du travail d’écriture effectué hier, vendredi 3 avril, au sein de l’atelier d’écriture hebdomadaire.

Il s’agit d’une réécriture du texte produit à cette occasion.

La fin de l’envie d’en finir ne se programme pas, elle se désire de toutes ses forces. Il suffit parfois de tomber sur des soignants d’un foyer des Paralysés de France (A.P.F.) pour revivre une vie de destinée heureuse, et soufflée par une Lune magicienne. Dans quatre jours elle sera très pleine. 🙂 Bonne journée !

Stan

Suffocation manquée [Citation presque]

Il y a quelques mois, trois ou quatre, j’ai écrit avec comme catalyseur l’inverse de la vie. J’ai écrit avec mon désespoir. J’ai écrit avec mes craintes. J’ai écrit depuis mon éternelle descente aux enfers.


Toutes les muses m’étaient des corps de marbre interdits, et des souffles d’âmes, bienheureuses de ma mort prochaine.


On me conseilla, sans se faire de peine, de partir en martyr. Je le voulais aussi, depuis toute éternenité. Mais j’ai protesté, dans « un sursaut du cœur ». Pas comme un Dylan, pas comme une Simone, mais aux derniers jours d’un pestiféré, j’ai préféré m’enhardir de force scriptutaire : balançée au crack, le souffle coupé.

Retour en chambre 11 depuis hier.


Des suffocations — une suffocation —, et la démonstration que mes échecs n’étaient pas de tenter de mourir pour mon bien, exégèse faite de ma vie par des nonnes nues, mais qu’il s’agissait bien au contraire de réussites, ou plutôt de tentatives qui eurent redonné de l’espoir au petit monde de mes procureurs.


Ce fut mon interprétation… et ma partition malade jouée sous la contrainte de l’amour passionné.


Comment était ma muse ? La quelle ? Impossible à savoir : toutes les inspiratrices des Grecs furent du sein mâle de mon petit siècle approbateur. Et donc, ce putain de crack !?


Je ne veux (et donc l’oublie sans efforts) même pas me rappeler comment on en prend, comment il se fume, comment la respiration doit se taire en nous pour que cette vapeur blanche révèle sa danse de démons expiés.

Allée menant à nos unité, vue depuis la fenêtre du grand salon pour patients (et pour réunion hebdomadaire des soignants), grilles de la coursive leur étant réservée au premier plan.


Je n’avais jamais souhaité expirer une dernière fois cet air de tachycarde, sachant pourtant ma fin programmée, mais il fut très heureux (très salvateur, peut-être même très saint pour ce moi très bas) que mon souffle dernier de galette chauffée au briquet fut daté du 10 février 2020.


La fin de ma mort enchantée ! La fin de la certaine promesse. Et le commencement d’une célébration de la nouvelle.


« Amène ton cœur, respire encore l’air dénué d’intentions sottes de ta ville endormie, où bientôt tu courera avec tes jambes de membre valide, aguicheur, de craintes non plaintives et de souffleur de vers bruns. »


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Illustration musicale choisie par une patiente très chère.
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Autodidacte, poète et essayiste amateur. Féru de technologies, de toutes créations numériques. Connait la psychiatrie comme patient borderline depuis 20 ans. Souhaitant ici apaiser le dialogue entre toutes parties de la psy moderne et faire rencontrer des mondes qui s'affrontent. Prêt à dénoncer toute injuste subie par les malades psychiques quelle que soit leur mode de prise en charge. Amoureux du genre humain. [wp-story]

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