Pensée VIII (Stan) 1
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Pensée VIII (Stan)

3 minutes de lecture

C’eût été, avec ce qu’il m’aurait fallut d’obstination et de constance, le début d’un livre autobiographique. Oui, certes, drôle d’idée ! Hélas ! rien n’est moins sûr qu’un récit, lors d’un matin finissant dans le plus accompli des gestes littéraire, donnant bientôt une épaisseur à ces quelques lignes qui suivent, en feuillets enfin reliés par une couverture blanche, d’une triste science, un « belonging » à ce philanthrope et classieux univers, — le plus riche de notre temps — du crédit pour se voir rassemblés en volume corrigé, remanié, maquetté, imprimé… Rien n’est moins abordable pour un poète que la prose délivrée des manières de la métrique (même quand elle est triturée par le grand mal moderne de la nouveauté de la forme, capricieuse, exilée du Jadis, châtrée) qui relèverait de cet exploit pour un écrivain de courtes bestioles scripturaires comme moi qu’un récit de quelques centaines de pages.

En voici quelques unes (ceci est une amorce avortée).

Note liminaire, Stan.
Pensée VIII (Stan) 2
5 février 2021.


Récit


Le marginal qui a fait le Paris de la misère, le Paris des exclus et des petites vertus, celui des malades mentaux, des crasseux et des toxicos, a vu des misérables, des déglingués aux superbes déroutantes, des parias qui lui ont laissé un ineffable et vague sentiment de défaite. Comme on épouse l’étrangeté, comme on se diminue à l’étreindre avec la crainte qu’elle n’engloutisse toute identité, plurielle existence des transfuges de classe qui, par curiosité pour les interlopes manifestations de la pauvreté, des pauvretés invisibles, prennent le goût des intrigues souterraines, des amitiés intéressées ou inégales sans avoir le courage de se juger sur leur lâcheté, on oublie en quelques années qui l’on a été vraiment, quelque part dans les faiblesses atroces de l’enfance. À moins que l’on y trouve le chaos dont on était fait premièrement, et qui n’est aucune manière de consolation : qui maudit, qui enferme, qui rend aveugle aux lumières et la beauté. La ville bien aimée, haïe, préfabriquée, cette grande fête qui tourne à la farce, la cité des amours, des séances photo de mariages un peu factices, des brasseries dernier cri bondées, engloutit, démembre, arrache à la pureté, déçoit et vainc ses enfants malades… Exténue, donne aux corps soumis aux extases payantes la force résignée des animaux maltraités, la balafre encore béante de l’anonyme déclin, la sauvagerie d’une bête exsangue, à peine un fauve amnésique, un sacrifié volontaire, une victime immonde qui se cache. Celui qui étreint cette misère n’osera plus se réclamer artiste, écrivain ou poète. Il pratique sa démence dans le secret des stupéfactions chimiques, il se meurt très doucement dans l’indécence, il a assit les mots anciens pour garder leurs racines plus vivaces au beau milieu des néologismes promus par le monde nouveau abhorré, il a lutté contre la confusion des genres, contre la collusion des savants qui édifient dans les amphithéâtres les élites auto-constituées, il a interpellé l’érudit, a réclamé qu’on le secoure, il a écrit des impostures soignées, a désiré ardemment dans l’indigence honteuse de son ignorance qu’un cœur pur l’élise poète viable, littérateur valide, écrivain reconnu par ses pairs, misérable officiellement sorti de l’ombre, promu chanteur de la langue des oiseaux…

Pensée VIII (Stan) 3
F. V., un patient et ami.

C’était pour disparaître qu’il avait écrit.

Ce qui va suivre est le récit d’un résistant qui n’a d’héroïques que le verbe et de très nombreux cris de rage assagis par la Lune adorée, d’un dupe et d’un tendre brutalisé, qui a, larmoyant, souffert de tristes cellules, d’un faible meurtri à son cœur tachycarde. Il a fait des milliers de tapages, rebel à toutes civilités. Rebuté toujours par toutes ébauches de société, de groupe, de chapelles et de chœurs constitués dans l’amour d’un crucifié. Protestant sans Dieu sinon le Rêve d’une terre promise. Vénérant le lointain, l’étoile ardente, les nébuleuses d’hydrogène s’écroulant dans les premiers mystères pour enfanter le feu grave, dissous dans les nuits de Vérité, ébahi sous la nuit, mal fini, égaré et multiple.

Carmen

Pensée VIII (Stan) 4

Carmen est schizophrène. Vous ne savez pas ce que ça veut dire ? Vous imaginez un être clivé en deux ? Une double personnalité ? Rien à voir… La schizophrénie est probablement la maladie [? fin de l’ébauche].

Stanislas Dejoie, 4 novembre 2018.



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Autodidacte, poète et essayiste amateur. Féru de technologies, de toutes créations numériques. Connait la psychiatrie comme patient borderline depuis 20 ans. Souhaitant ici apaiser le dialogue entre toutes parties de la psy moderne et faire rencontrer des mondes qui s'affrontent. Prêt à dénoncer toute injuste subie par les malades psychiques quelle que soit leur mode de prise en charge. Amoureux du genre humain.

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