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Poutine est-il un psychopathe ?

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À L’UNIVERS même, la réponse à don­ner semble évi­dente, plu­tôt, mais ne serait-elle pas évi­dée, par un glis­se­ment séman­tique vieux et mécon­nu, comme un mot sans racines, hors-sol ? Vidée de son sens, inutile parce que cir­cons­cri­vant l’homme dans le mot (c’est un fas­cisme aus­si) —, « psy­cho­pathe » est un terme stig­ma­ti­sant bien des gens qui ne le dési­rent pas (ou plus, ou qui se battent contre la souf­france psy­chique alors qu’on les ignore, les insulte, les enferme, les maltraite).


    Ce mot a prit de l’âge, depuis un moment, dans le dis­cours oral du quo­ti­dien, dans les lieux et milieux de poli­tique, de mili­tan­tisme et d’hu­mour (là c’est heu­reux bien sou­vent, stig­ma­ti­sant tout de même) : soit une caricature.


    Une moque­rie non, une insulte, pis. Un psy­cho­pathe doit être dan­ge­reux. Et même s’il est auto-agres­sif, il faut tou­jours qu’il touche sa part de déni­gre­ment, et qu’il se fla­gelle d’au­to-déni­gre­ment lui-même. Psychopathe… même éty­mo­lo­gi­que­ment c’est dou­teux, « Malade (pas­sion­né ?) de la psy­ché » pour­rait-on tra­duire en mau­vais lati­nistes. Penser ? De tra­vers ou tout droit, ce n’est pas une mala­die encore.


    Attachons-nous à cette séman­tique : d’a­près le dic­tion­naire non-ency­clo­pé­dique fran­çais le meilleur, pro­duit par des gens de science très avi­sés (le T.L.F.i. ou TLFi, Trésor de la langue fran­çaise infor­ma­ti­sé, pro­duit par le C.N.R.T.L., Centre natio­nal de recherche tex­tuelle et lin­guis­tique, rat­ta­ché au C.N.R.S.), que veut dire psy­cho­pathe ? Regardons en image : les mêmes symp­tômes que les bor­der­lines, les schi­zos, les bipo­laires, les gens atteints de stress post-trau­ma­tique : pathos (pathé­tiques ?) ; que tous les qua­li­fi­ca­tifs alié­nants les humains souf­frant dans leur chair et leur sys­tème ner­veux cen­tral, tous ! Amnésie ? Guerres de cha­pelles psychopathologiques ?

« PSYCHOPATHE, adj. et sub­st.
PATHOL. (Celui, celle) qui est atteint(e) de mala­die men­tale, de psy­cho­pa­thie.

Individu nor­mal ou psy­cho­pathe.
Il est impos­sible de prou­ver ou de démen­tir qu’une per­sonne qui admet l’exis­tence des phé­no­mènes para­psy­cho­lo­giques est pour cette seule rai­son névro­sée ou psy­cho­pathe” (Amadou, Parapsychol., 1954, p. 24).
“Tel psy­cho­pathe que nous enfer­mons dans un asile d’a­lié­nés serait vrai­sem­bla­ble­ment recon­nu magi­cien-gué­ris­seur dans les socié­tés cha­ma­nis­tiques et pro­mu de ce fait à une situa­tion sociale pri­vi­lé­giée”
 (Hist. sc., 1957, p. 1534).
Les psy­cho­pathes ne se classent ni par­mi les psy­cho­tiques (réel­le­ment alié­nés) ni par­mi les névro­sés (qui souffrent seuls de leurs troubles). Ce sont des indi­vi­dus instables, impul­sifs et dif­fi­ciles, dont le com­por­te­ment fait souf­frir, essen­tiel­le­ment, leur entou­rage” (Sill. 1965). »

Source : TLFi.

    Un être insup­por­table, sans conteste. Et Poutine, un homme d’i­mages ultra-maî­tri­sées. D’apparat et d’ap­pa­rence. S’adressant à un stade entier de citoyens sou­mis et pes­si­mistes quand à leur place, leur rôle dans un pays fas­ciste, n’o­sant dire mot de la situa­tion géo­po­li­tique, de lui, de l’ar­mée, des vic­times. Ouvrant les yeux, pour cer­tains — intel­lec­tuels, artistes, citoyens, mili­tants, in situ.


    C’est meur­tris­sant d’être consi­dé­ré comme un psy­cho­pathe, un peu moins comme un fou, moins encore comme un malade — jus­qu’à quand ? —, et d’un vivant aucu­ne­ment… et encore.
    Poutine n’est donc ni psy­cho­pathe ni vivant au cœur. Déjà mort. On raconte qu’il était déjà craint lors­qu’il tra­vaillait au KGB, par ses col­lègues : faire flip­per un espion… dan­ge­reux. Il s’est baric­ca­dé dans sa tête, les ser­vices secrets dont on paraphe pour lui les docu­ments orien­tés vers l’ex­trême-droite révi­sion­niste sont ses neu­rones ! On ne les voit pas briller, mais ils brûlent une graisse noire de haine et d’e­go per­vers. Se nour­rissent du sucre débi­li­tant d’un corps malade. Et peut-être de Champomy, allez savoir.


    Les per­vers ne boivent bien sou­vent pas d’al­cool du tout : ce serait un voyage serein dans du verre blanc, on n’y peut rien, aucun emprise des­sus. Une perte du contrôle de soi, un relâ­che­ment, une ten­dresse, une vision de ce qui meur­tri, jus­te­ment, de ce qui fait accé­der à une per­cep­tion de l’autre, bles­sé (et donc ouvrant à l’autre, ses besoins, son urgence, sa sin­gu­lière vision).


    Qui sont les psy­cho­pathes, si l’on veut par abus les qua­li­fier ain­si, que le France va donc accueillir ? Les proies d’une guerre aus­si inutile que les armées, serais-je ten­té d’a­van­cer ! Mais il faut les accueillir, ça abso­lu­ment. Les pauvres réfu­giés Syriens ont fuit eux aus­si leur terre et leurs ancrages. Faut-il encore être assez aveugle pour ne pas voir l’é­gé­mo­nie des grandes puis­sances occi­den­tales comme une valeur ajou­tée dans l’im­mi­gra­tion ? Du cal­cul dans l’en­traide, sou­vent, si ce n’est tou­jours. Elles ne sont pour­tant pas choi­sies. On ne touche pas à nos potes mais on ne s’en fait pas de nou­veaux. Et les délais­sés de notre cru ? Ils boivent.

La France qui ven­dait des armes, les pré­si­dents qui jouent la montre, une O.T.A.N. dépas­sée par les craintes d’es­ca­lade… (ou qui montre les muscles). Un monde effroyable et dépri­mant. Les plus lucides n’y voient qu’une étape, post­in­dus­trielle, appe­lant à de nou­velles luttes, pro­met­tant une nou­velle cama­ra­de­rie, pro­po­sant à la Terre une répa­ra­tion gra­tis. Un tri­bu­nal civique et cam­pa­gnard, peut-être, dans les esprits. Une pause dans la cam­pagne, inat­ten­due, vu d’i­ci, et un retour de flamme ter­rible pour les can­di­dats à la pré­si­den­tielle, relé­gués en deuxième divi­sion. Division. Seconde après seconde, entre eux.


    Poutine, dont on a dit qu’il souf­frait du syn­drome d’Asperger (sou­ve­nir d’une lec­ture à retrou­ver), d’a­près une note de la CIA, ou bien de schi­zo­phré­nie, m’a-t-on avan­cé ici, à la cli­nique de Perreuse, ne veut pas abbatre l’Ukraine pour le plai­sir, même si sa jouis­sance est dans la des­truc­tion. Il doit sin­cè­re­ment croire à la recons­truc­tion d’une Union, d’une Russie aug­men­tée d’un ter­ri­toire encore trop libre, sou­mettre. Il la veut pour lui, comme champs de ruines, parce qu’il est ruine lui-même tout à l’a­vant, d’un palais à l’ar­chi­tec­ture sta­li­nienne (lui-même en un nihi­liste bel­li­queux ne connais­sant pas l’hé­bé­tude d’un homme dans une tran­chée), d’une culture à annu­ler, « can­cel » comme on dit main­te­nant, dou­teu­se­ment. De toutes façons tous ces nazis toxi­co­manes (le cou­rage qu’ils ont !) ne méritent que l’an­nexion à la Russie !


    Non, Poutine veut mou­rir une deuxième fois. Mais dans la gloire. Quitte à deve­nir le nou­vel Hitler, un qua­trième Reich mos­co­vite en germe. Zelensky est juif…  Poutine a peut-être peur de la mort — de tout —, en phase ter­mi­nale d’un can­cer il n’a plus rien à perdre.


    Les vic­toires mili­taires ont des reflus : la mémoire est bles­sée mais les citoyens mieux armés pour com­battre les tyrans, et les consciences éveillées, l’a­mour se fait plus pro­fond et dense dans ce qui était la « patrie ». Qu’on ne sou­haite à per­sonne la guerre, on en revient pas, ou comme cet autre que l’on crai­gnait, craint encore, le « fou » quand il est vic­time pure. Le bruit des bombes et la vue des cadavres pro­pulsent dans les gènes des muta­tions, mais le corps humain pense le temps et les bles­sures en son centre, en son ventre ; le sang coule mieux dans des veines éprou­vées par la ter­reur, dirait-on.
    Ainsi, l’Homme s’é­carte de sa nature, le corps haït dans la souf­france, s’é­loigne de la pas­sion pri­mor­diale — les vers le mangent.

    Vivant ou ex-vivant, Vladimir ? Toujours est il qu’ai­mer lui a man­qué et que c’est un verbe qui lui est étran­ger, et que d’être aimé man­que­ra à son spectre résis­tant aux plus grands froids.

N’éprouvons pas la haine, même lui, ima­gi­nons, croit ne pas en être pour­vu. Les monstres sont par­tout, et même en nous. Les balles, les chutes, les ivresses, tout cela est bon. Est dan­ge­reux qui n’a pas souf­fert. Il n’y a que les par­ve­nus qui délaissent la rose pour la kalach­ni­kov. Et ceux qui les com­battent ? Des mots, des prières, de la poé­sie, du silence. D’or. Juste à temps pour lais­ser en repos l’es­prit : venez Ukrainiens ! Au bois est une paix secrète, au bout du feu une cessation.


Stanislas Dejoie

Poète et essayiste amateur. Féru de technologies, de toutes créations artistiques. Connait la psychiatrie comme patient borderline depuis 24 ans. Souhaitant ici apaiser le dialogue entre toutes parties de la psy moderne et faire rencontrer des mondes qui s'affrontent ou s'ignorent. Prêt à dénoncer toute injustice subie par les malades psychiques quel que soit leur mode de prise en charge. Amoureux du genre humain.

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