Rosa Parks, sa vie, la nôtre

N.B. : À partir de 15h30 aujourd’hui et jusqu’à nouvel ordre, les photos incluant le visage ou même le corps reconnaissables ou non d’un patient seront mises hors-ligne. Suite à un entretien avec notre cadre de santé et un des deux psychologues de l’unité, il m’a été imposé de le faire, en attendant que le service juridique de l’hôpital Esquirol nous guide sur les démarches à entreprendre pour permettre à ceux qui le souhaitent de signer un papier nous autorisant à les photographier.

J’en suis moi même désolé et cet entretien m’a un peu abattu.

Je vous tiens au courant au plus vite de l’évolution de cette petite et première controverse. Merci.

Rosa Parks, chambre 2 (P.M.R.), le 25/02/2020 à 15h30.

Notre unité Rosa Parks est pour beaucoup d’entre nous une maison. De forge, de réassurance, de colère ; toujours d’amitié, hébergée par la Sécu ! Vous trouverez ici, dans un premier temps, une galerie des photos que je m’amuse à prendre de mes compères, souvent à la limite de la légalité. Cette vision d’un hôpital sans images, sans clichés, donc sans morceau du récit qui se trame entre les murs est à questionner. Ne parlons pas ici de ceux qui légiferent sous les ornes du palais Bourbon et qui établissent les lois bien souvent aveuglément quand il s’agit de soins hors-catégories, faisant la navette bien marquée politiquement (et au néolibéralisme trois fois borgne) avec le sénat. On se permettra seulement, avec l’accord explicite des gens dont je fais le portrait, de démontrer la grandeur d’âme de cette patientèle particulièrement vivante sous nos yeux et de ces générations de femmes et d’hommes oubliés, mis au ban, qui peuvent se dorer pour un cliché bienveillant. Bien à eux : nous les fous.


Stanislas Dejoie